Einstein,
Sur l'Électrodynamique des Corps en Mouvement
4. - Signification physique des équations concernant des corps rigides & des horloges en mouvement.

Considérons une sphère rigide,
(c'est à dire un corps qui, étant au repos, possède la forme sphérique)
Ce corps, quand il est à l'état de mouvement et qu'il est examiné du point de vue du système au repos,
a la forme d'un ellipsoïde de révolution. *
Tandis que les dimensions y et z de la sphère ne se modifient pas par suite du mouvement,
la dimension x est raccourcie en fonction de la vitesse v.
Ce raccourcissement est d'autant plus prononcé que v est plus grand.
Pour v = V, tous les objets en mouvement - vus du système au repos- se réduisent à des surfaces.


Pour des vitesses supérieures à celle de la lumière,
nos résultats n'ont plus de sens.


Mais ils donnent une image :




* Jean-Marc Lévy-Leblond me fait observer que :

"Non, la contraction de Lorentz n'est pas une "vraie" contraction de l'objet physique, mais un effet de perspective, ou mieux de parallaxe, analogue au fait qu'un bâton a l'air plus court quand il n'est pas perpendiculaire à notre ligne de visée.
Mais cet effet concerne la forme d'un objet mobile considéré à un instant donné. C'est le cas que traite Einstein. Mais cela ne rend pas compte de ce qu'est une observation effective.
Car la forme vue par un observateur est déterminée par les rayons lumineux qui arrivent à son œil à un même instant. Mais compte tenu de la vitesse finie de la lumière, ces rayons n'ont pas quitté l'objet au même moment (ceux qui proviennent des parties plus lointaines de l'objet ont dû partir plus tôt que ceux qui proviennent des parties proches), ce qui induit un effet supplémentaire à celui de la contraction apparente.
Le résultat final est une rotation apparente, en tout cas si l'objet est assez loin. S'il est près, des distorsions plus subtiles apparaissent."